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Road Trip

21 heures et 48 minutes. C’est la durée de notre trajet tel qu’indiqué par notre ami Google Maps…

Itinéraire

Bien entendu, c’est sans compter la tempête, les routes enneigées, le passage à la frontière américaine[1], les deux monstres à l’arrière du véhicule, et le fait que nous soyions humains et avons par conséquent à satisfaire des besoins vitaux tels que manger, faire pipi, ou encore dormir (soyons fous !)

En réalité nous avons quitté la maison le samedi à 7h00 du matin, et sommes arrivés à destination le dimanche soir à 21h30, après une pause dodo à Nashville, Tennessee, qui se trouve à peu près à mi-chemin.

Road Trip

Les enfants ont bien supporté le voyage. Il faut dire que c’était assez différent des trajets de vacances de mon enfance, où l’on n’avait pas de sièges inclinables, de lecteurs audio avec plusieurs jours de musique en mémoire, d’écrans vidéo portables avec plusieurs films par galette (vive le format DivX), ou encore de consoles portables de jeux vidéo.

D’habitude nous choisissons la petite voiture pour transporter la famille (plus économe, plus pratique en ville, boîte manuelle plus sympa à conduire, etc.) mais ceci est exactement le genre de trajet pour lequel le monospace (on dit minifourgonette, ou minivan au Canada) a été conçu : beaucoup de place à l’intérieur, pemettant ainsi d’embarquer nos affaires, les cadeaux de Noël, la glacière, et plein de choses plus ou moins utiles, des sièges individuels inclinables à volonté, permettant aux passagers de dormir pendant que le véhicule avale les kilomètres (ou les miles, selon le côté de la frontière), le régulateur de vitesse réglé à 118 km/h afin de ne pas se faire arrêter par les state troopers. De plus le moteur dépasse à peine les 2000 tours par minute durant tout le trajet, ce qui est également appréciable.

On consomme plus d’essence, c’est un fait, mais pas tant que ça en fait. Sur autoroute à vitesse régulée, ça reste raisonnable. De plus l’essence est vraiment bon marché aux États-Unis : 1,35$ le gallon soit 35¢ le litre, c’est presque deux fois moins cher qu’au Canada, où l’on paye déjà l’essence deux fois moins cher qu’en France !

Bon, tout ça pour vous dire que nous sommes bien arrivés au Texas, où nous avons été accueillis par une vague de froid qui a frappé les États-Unis. Et pendant ce temps le sud de l’Ontario essuie tempête de neige sur tempête de neige, ce qui signifie que lorsque nous rentrerons à la maison il nous faudra dégager l’entrée du garage, probablement rendue inaccessible par un mètre de neige, si ce n’est plus[2].

Depuis notre arrivée Manola et Tiffany ne se quittent plus. Manola est toujours aussi pipelette et son débit de paroles en anglais est tout aussi impressionnant qu’en français. Ellet tient bien de sa grand-mère paternelle…

Maxime de son côté essaie de faire sa place. Plus jeune, c’est difficile pour lui de ne pas se faire délaisser par les deux cousines… mais ça se passe plutôt bien pour l’instant. Les deux filles sont encore comme cul et chemise, et je me demande combien de temps encore avant le premier conflit.

De notre côté nous nous sommes surtout bien reposés, parce que malgré tout, ça fatigue de conduire sur une si longue distance. Et on a aussi fait un peu de Christmas shopping. Ce soir c’est le réveillon et il nous reste encore à préparer le repas. Nous avons reçu quelques victuailles en provenance de France, alors il va falloir trouver un petit Sauternes et du bon pain, pour accompagner les vivres de contrebande.

Voilà voilà… Rien de bien extraordinaire jusqu’à présent, mais le but de ce voyage est de passer les fêtes en famille. Et comme c’est presque devenu un rituel, nous allons également allumer les webcams et établir un pont numérique transatlantique afin de réveillonner avec la famille en France. La famille pour moi est ce qu’il y a de plus précieux, et le fait de pouvoir partager quelques moments de bonheur et de chaleur a une valeur inestimable.

Joyeuses fêtes à tous !

Notes

[1] Toujours aussi agréable… une chance qu’ils n’aient pas été jusqu’à vérifier si nos chaussures étaient de taille 10 — le seul truc qui a fait légèrement tiquer l’agent c’est qu’on a déclaré avoir deux bananes (c’est lui qui a demandé si on avait des fruits ou des légumes, c’est pas moi qui ait essayé de jouer au malin, parce qu’on ne joue pas au malin avec un agent d’immigration américain).

[2] Petit apparté : nous conduisons certainement la seule voiture du Texas équipée de pneus d’hiver qui accrochent même sur la glace… nous sommes parés pour un éventuel retour à des températures négatives dans la région ;)


By the fireplace

Il neige.

La thermomètre extérieur indique qu’il fait -4°C, ce qui serait tout à fait supportable s’il n’y avait pas ce vent. Sans le vent, la température ressentie est un peu comme un +5°C parisien, car le froid d’ici, plus sec, ne transperce les vêtements pour pénétrer au plus profond des os. Mais avec le vent, c’est plutôt -10°C que ressent chaque parcelle de chair exposée… plutôt dissuasif.

Nous avons ainsi décidé de passer l’après-midi à la maison.

Il fait bien chaud dans le salon, et Noey entretient le feu dans la cheminée ; le crépitement des bûches ajoute à la chaleur ambiante tandis que Chet Baker et Ella Fitzgerald font danser les flammes des bougies au-dessus du foyer. À travers la baie vitrée le spectacle des flocons tombant sur le paysage immaculé nous donne l’impression d’être au milieu d’une boule à neige.

Il fait bien chaud, je n’ai pas envie de sortir. Je vais rester au fond de mon fauteuil, à siroter un verre.

Ah que la vie est dure, parfois ;)


Ho ho ho

Aujourd’hui 6 décembre, c’est la fête des enfants ! BONNE SAINT-NICOLAS!

Ça me rappelle ces deux périodes de mon enfance où j’ai été arraché à mon doux 93. La première fois c’était pour affronter la jungle sauvage de Bruxelles ; en réalité j’habitais à cheval entre Brux et le neuf-trois, et les souvenirs d’enfance que j’y ai sont somme toute plutôt agréables. Quelques années plus tard je passais une partie de mon CE2 à Strasbourg, où j’ai connu pour la première fois la xénophobie[1] ce qui m’a conduit quelques mois plus tard à retourner dans ma confortable banlieue nord de Paris… heureusement que Saint-Nicolas, patron protecteur des enfants, m’avait permis de passer le cap avec tous ces chocolats.

Notes

[1] De la gnognotte à côté du Québec, mais une bonne entrée en matière tout de même.


9 years ago

  • Il y a neuf ans, je prenais les clefs de notre tout nouvel appartement, en bordure de Paris, France
  • Il y a neuf ans venait au monde un petit bébé…
  • Il y a neuf ans, alors que je me tenais au milieu de notre nouvel appartement complètement vide, je reçus ce coup de fil me demandant si ça m’intéressait d’aller travailler en Australie. En raison des deux points précédents je répondis par la négative.

Aujourd’hui tant de choses ont changé.

  • Notre appartement, parisien, nous l’avons vendu. À quoi sert-il d’avoir une terrasse de plus de 40 m² si elle se trouve à 6000 km de là où l’on habite ?
  • Le petit bébé a maintenant bien grandi. Aujourd’hui elle est revenu à la charge en me demandant « Comment on fait les bébés ? » Je n’avais pas de bouteille de lait sous la main alors on en a parlé. Elle n’a pas tout compris mais ça viendra bien assez tôt…
  • De toutes façons l’Australie c’est bien trop loin et c’est plein de bêtes dangereuses. Je dis ça mais on est quand même parti au Canada… c’est moins loin et il y a moins de bêtes dangereuses. Par contre il y a aussi beaucoup de « merde blanche »…

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