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Les folies d'Espagne

Manola est pratiquement autodidacte, mais il arrive un moment où l’on a besoin de quelqu’un pour vous guider. Je lui ai montré le minimum (ceci est un do, ceci est une noire, tes doigts vont de 1 à 5 en partant du pouce…) et elle a appris le reste par elle-même, principalement en regardant les autres (ainsi que Youtube) et avec beaucoup de motivation.

C’est laborieux, assez mécanique, mais elle en retire une certaine satisfaction. Elle n’est pas un génie, elle ne sait pas lire une partition (elle déchiffre, ça aide un peu, mais c’est lent) mais elle aime ça.

Nous avons pensé qu’il était temps qu’elle prenne des leçons de piano, et elle va ainsi commencer samedi prochain. Lors de l’entrevue avec la prof, cette dernière a bien vu que Manola avait un certain talent pour reproduire ce qu’elle entendait, mais elle l’a prévenue que si elle veut aller plus loin, il faudra travailler dur la thérorie, en particulier le solfège, car elle pourra ainsi jouer des morceaux plus complexes et plus intéressants.

Lors de la discussion avec le professeur de musique nous étions d’accord sur une chose : que Manola devienne une virtuose ou pas, l’important c’est qu’elle garde son enthousiasme et son amour pour la musique. J’adhère à 200% !

En attendant, j’ai fait une petite vidéo “avant”, pour que d’ici six mois, un an, cinq ans (?) nous puissions nous rendre compte des progrès accomplis.

REÉÉ

Hein ? Ça veut dire quoi REÉÉ ? c’est une nouvelle onomatopée ?

Non, ça signifie Régime Enregistré d’Épargne Études. C’est un placement destiné à financer les études post-secondaires de nos petites têtes brunes, auquel le gouvernement participe en ajoutant 20% à nos contributions : par exemple si je place 100$ par mois dans le compte de Maxime, Mr Canada ajoutera à chaque fois 20$. Pas mal non ?

On a mis le temps (mieux vaut tard que jamais) mais on a finalement ouvert les comptes de Maxime et Manola… en espérant qu’ils décideront d’intégrer des universités Nord Américaines qui bien que plus onéreuses que leurs homologues françaises ont à mon avis un bien meilleur niveau. Je dirais que ce qu’on appelle « universités » aux US ou au Canada (y compris les community colleges des US) s’apparente plus à ce qu’on appelle « grandes écoles » en France, avec le côté « Anne-Sophie, Charles-Hubert » en moins.

En fait j’espère surtout qu’ils auront la chance d’exercer un métier qu’ils auront choisi, qu’ils prendront plaisir à travailler et gagneront suffisamment pour ne pas s’inquiéter des fins de mois ni de leur avenir.

Monte dans ta chambre

Il fut un temps où envoyer son enfant dans sa chambre eût été une bonne punition.

Mais de nos jours, enfermer un gamin désobéissant dans sa chambre, c’est presque une récompense : « Quelle joie ! Enfin seule ! Je vais pouvoir bavarder à loisir avec mes 800 contacts Facebook, envoyer des photos de mon nombril à mes amis sur MSN, et faire des grimaces à mes camarades sur Skype ! »

Aujourd’hui le terrain de jeu est devenu virtuel, et les sorties entre potes ne nécessitent même plus de se déplacer physiquement.

C’est ainsi que Mademoiselle notre fille, pour avoir manqué de respect en haussant le ton de façon injustifiée (ouais, je suis comme ça, pas mal vieux jeu), s’est vue infliger la punition suivante : au lieu de la confiner à l’espace de sa chambre à coucher, je lui ai signifié que l’adresse MAC de son ordinateur n’avait plus accès au réseau externe pendant toute une semaine.

Si la punition peut paraître sévère, je constate qu’en réalité cela lui permet de travailler son piano avec plus d’assiduité, et de dévorer encore plus de livres qu’à l’accoutumée.

Escrivaine en herbe

J’entre dans la chambre de Manola et la trouve assise à son bureau, tapotant sur le clavier de l’ordinateur. Elle est sous Writer, le traitement de texte de l’excellente suite bueautique gratuite OpenOffice.org[1], et j’aperçois une série de paragraphes entrecoupés de gros titres.

Le titre au milieu de la page est « Les Elfes ».

- Mais qu'est-ce que tu fais Manola ?
- J'écris un livre.
- Ah bon ? Un livre sur quoi ?
- Un livre sur les créatures magiques.

Ah bah ça alors !!

Je ne sais pas combien de temps elle va mettre pour le finir, mais en tout cas j’espère qu’il sera bon :) Et puis il faudra que je pense à faire une sauvegarde des données de Manola, comme ça elle aura une copie de son premier livre quand dans quelques années elle recevra le prix Goncourt… (et qui sait, je pourrais peut-être alors me faire une petite fortune en le vendant sur eBay, hahaha).

Notes

[1] Les enfants et moi-même sommes sous Linux, Noey est le seul membre de la famille à utiliser régulièrement Windows: boooooouh !

Single dad

Ça fait cinq jours que Maxime et Noey se sont envolés et je suis plutôt fier que la maison ne se soit pas encore transformée en véritable chantier. La vaisselle est toujours faite lorsqu’on quitte la cuisine, on n’a pas trop mangé de cochonneries jusqu’à présent, je prépare le repas chaud de Manola tous les matins, les plantes ne sont pas encore mortes de soif, le linge sale ne s’amoncelle pas encore, l’allée du garage est bien déneigée…

C’est toute une organisation que de bosser, s’occuper de la maison, et d’un enfant. Là où j’ai du mal à suivre, c’est pour les devoirs supplémentaires de Manola (ceux de l’école ils sont faits : ils sont trop faciles pour elle). J’ai tout juste eu le temps de lui donner quelques exercices de conjugaison et de mathématiques. Heureusement elle va d’elle même sur les sites éducatifs et fait de sa propre initiative ses exercices au clavier (les deux claviers : celui du PC et celui du piano). Et elle trouve aussi le temps d’avaler des bouquins.

Je me rends compte que la vie d’un parent célibataire (autre que temporaire, car dans mon cas ce n’est que pour deux semaines) ça ne doit pas être tous les jours facile. En plus moi j’ai la chance de vivre à cinq minutes du boulot, et d’avoir une certaine flexibilité dans mes horaires… c’est pratique quand Manola m’appelle à l’aide parce qu’elle n’arrive pas à ouvrir la porte d’entrée ou que son autobus scolaire est en retard : je me lève de mon bureau, je vais ouvrir la porte de la maison et je reviens derrière mon écran en moins de temps qu’il n’en faut pour une pause-café — au niveau stress ça fait un gros poids en moins.

Sinon, la vie à deux ça a ses bons côtés. Me retrouver seul à seul avec ma fille, discuter avec elle : elle adore bavarder, parler de la vie, de la mort, de la théorie de l’évolution en rapport avec l’enseignement catholique qu’elle reçoit à l’école, se demander pourquoi la neige est blanche, et surtout comment la somme de toutes les couleurs peut-elle donner le blanc… comment peut-on observer les microbes ? et les étoiles ? Enfin bref, vous vous doutez bien qu’avec elle on ne s’ennuie jamais, à tel point que parfois il faut la faire taire pour avoir un peu de silence.

Aujourd’hui je lui avais promis de lui acheter un casque et des lunettes de ski ; nous sommes rentrés à la maison avec une nouvelle paire de ski en supplément. Autant vous dire qu’elle a hâte d’être à samedi matin !

Ensuite elle m’a demandé ce qu’on faisait dimanche… et bien dimanche on se repose ! Je pense qu’on va aller à la bibliothèque. On fera ainsi d’une pierre deux coups : j’aurais un peu de paix et de silence, et Manola pourra assouvir sa soif de lecture. Ouais, en y réfléchissant… la bibli c’est décidément un bon plan :)

Crevé mais content

Après les vacances encore plus fatigantes que le boulot, mais super chouettes malgré tout, je vous présente le week-end hyper crevant, mais néanmmoins vachement sympa.

Samedi

Baptême du ski de Manola. Quitte à vivre dans un pays où il neige beaucoup[1], autant en profiter. Ainsi nous nous sommes rendus avec une amie de Manola à la station de ski la plus proche de chez nous. Elle se situe à l’autre bout de l’agglomération, soit à 15 minutes de chez nous. À l’autre bout du monde pour ainsi dire.

Je me demandais comment ça allait se passer pour Manola, et je dois avouer pour moi-même également étant donné que je n’ai pas chaussé de skis depuis plus de 12 ans. Et bien ça c’est très très bien passé :

  • Manola a vite compris que les pistes pour grands débutants c’était pas pour elle, alors on s’est empressée d’aller sur les pistes bleues sur lesquelles elle s’amuse bien plus. En on a juste eu à lui expliquer le principe de la position de chasse-neige, les trajectoires en S pour éviter de prendre la pente à pleine vitesse, et hop! La voilà partie à dévaler en position ressemblant vaguement au chasse-neige, et carrément en ligne droite, parce que les grands S c’est pas marrant. Inutile de vous dire qu’elle aime ça et qu’on va y retourner (d’autant plus que c’est vraiment pas loin).
  • Pour ma part j’avais un peu peur d’avoir de la difficulté à m’y remettre, mais j’ai été agréablement surpris de bien me débrouiller immédiatement. Il faut dire que la neige était excellente et qu’en plus les skis ont évolué depuis la dernière fois que je suis allé aux sports d’hiver : au risque de passer pour un petit vieux, de mon temps les skis étaient droits et se terminaient en pointe, tandis qu’aujourd’hui ils ont évolué et leur nouvelle forme profilée les rend très faciles à manœuvrer. J’étais surpris de faire des virages en parallèle impeccables dès le premier coup de bâton… on aurait presque dit un pro dites donc !

J’ai ensuite abandonné Manola chez sa grande amie où elle allait passer la nuit, tandis qu’avec Noey et Maxime nous sommes allés à Woodbridge, puis à Toronto, passer la nuit chez Nang.

Dimanche

Nous avons passé la matinée à enlever la moquette dans la chambre de Nang pour y installer du parquet flottant. Ensuite on a commencé le boulot (pas trop mal avancé, ça s’annonce bien en tout cas) pendant que Maxime et Noey sont allés faire un tour à la piscine de l’immeuble (Maxime est un grand fan du bain bouillonnant).

Une fois la nuit tombée nous somme rentrés sur KW, avons récupéré Manola et sommes rentrés à la maison. Dans la nuit de samedi à dimanche il est tombé presque 10 cm de neige, alors bien entendu il a fallu déblayer l’allée du garage, histoire de se réchauffer un peu, ha ha ha !

Voilà, c’était le fabuleux récit de mon week-end, que je vous raconte une tasse de bon espresso à la main, parce que j’ai bien mérité de m’asseoir un peu et de tapoter sur mon ordinateur.

Bon je vais vous laisser parce que je vais rattraper mon retard de « Desperate Housewives » et de « Heroes ».

Notes

[1] Quoi que… en ce moment on se demande presque où est-ce qu’il ne neige pas, bonne mère !

Ho ho ho

Aujourd’hui 6 décembre, c’est la fête des enfants ! BONNE SAINT-NICOLAS!

Ça me rappelle ces deux périodes de mon enfance où j’ai été arraché à mon doux 93. La première fois c’était pour affronter la jungle sauvage de Bruxelles ; en réalité j’habitais à cheval entre Brux et le neuf-trois, et les souvenirs d’enfance que j’y ai sont somme toute plutôt agréables. Quelques années plus tard je passais une partie de mon CE2 à Strasbourg, où j’ai connu pour la première fois la xénophobie[1] ce qui m’a conduit quelques mois plus tard à retourner dans ma confortable banlieue nord de Paris… heureusement que Saint-Nicolas, patron protecteur des enfants, m’avait permis de passer le cap avec tous ces chocolats.

Notes

[1] De la gnognotte à côté du Québec, mais une bonne entrée en matière tout de même.

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