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Abstention 2009

Message envoyé à je ne sais même pas qui, par l’intermédiare du formulaire contact du site GAEL (le Guichet d’Administration ÉLectronique) du Ministère des Affaires Étrangères.

Vote en ligne sur le site de l’AFE jusqu’au 4 juin ? Oui, à condition d’avoir créé un code d’élection par le site GAEL, auquel on accède grâce au Code NUMIC (précédé de un ou plusieurs zéro selon le cas, le programme informatique n’étant pas capable de le faire par lui-même) qui N’est PAS le numéro d’immatriculation consulaire, et pour lequel on doit créer un pseudo mot de passe que l’on doit insérer à l’aide d’une interface qui ressemble à mauvais test psycho-technique de cabinet de recrutement (il vous faut une lettre manuscrite avec ça ?) Et le code permettant de voter jusqu’au 4 juin doit être créé avant le 2 juin à midi heure de Paris… ce que je viens de découvrir quelques heures trop tard. J’aurais dû créer mon code avant ce matin 6h du matin (heure de Toronto), bien que l’isoloir électronique soit ouvert jusqu’au 4 juin…

Vous rendez-vous compte de la complexité et de l’absurdité du procédé ?! L’informatique est sensée rendre les choses plus simples, pas plus complexes, c’est du moins mon avis de professionnel de l’informatique.

Je suis désolé, mais je vais passer cette élection, car je n’ai pas de bureau de vote dans mon école de quartier, et perdre une journée entière pour me rendre au centre-ville de Toronto (sans compter l’essence et le stationnement payant) est suffisamment dissuasif pour me faire renoncer à mon devoir de citoyen.

Merci de faire suivre la présente à qui de droit, en espérant qu’elle aura au moins le mérite de rendre le processus de vote électronique plus accessible pour le commun des mortels.

Bien à vous. Minh Quang, abstensionniste malgré lui pour l’élection 2009 de l’Assemblée des Français de l’Étranger Waterloo, Ontario, Canada

Et je n’ose même pas imaginer ce à quoi j’aurais été confronté si j’avais pu accéder au site de vote en ligne, qui est encore ouvert mais dans lequel je ne peux pas entrer parce que je n’ai pas créé mon code à temps sur l’autre site.

Et dire que nous avion bien fait attention de renouveler notre inscription consulaire avant le 31 décembre (parce que sinon on peut pas voter pendant TOUTE l’année suivante — c’est-y pas un sacré anachronisme, ça ?)

Alpha - Charlie - Eight - Eight - Zero

Le vol AC880, après avoir décollé de Toronto YYZ à 21h00, un peu en retard pour cause de « marde blanche », s’est posé à Paris CDG ce matin à 10h37.

Bilan 2008 - la quête du bonheur

Comme à chaque nouvelle année qui commence, on fait le bilan de celle qui se termine. Et l’on peut dire que 2008 a été une année intéressante à bien des égards, et globalement une excellente année.

2008, année charnière

Après 7 ans d’hésitations, à chercher nos marques et à essayer de nous stabiliser, nous avons enfin décidé de franchir le pas et de nous installer pour de bon au Canada.

Nous ne voulons plus vivre le cul entre deux chaises, et bien que nous continuions à sacrifier au rituel du 20h (alternant JT de France 2 et de TF1, merci internet) et ne reniions absolument pas notre héritage français, notre vie est maintenant bel et bien au Canada.

Je ne me reconnais plus dans la France ni les Français d’aujourd’hui. Marre de ces lamentations et jérémiades incessantes : j’ai envie de prendre la vie du bon côté et d’apprécier ce qu’elle a à m’offrir… le calme et la paix sociale qui règnent au Canada, la gentillesse des gens et leur politesse me conviennent.

Je me sens bien ici. Du moins pour l’instant. C’est aussi à mon avis un environnement favorable à l’épanouissement de nos enfants. Nous avons donc franchi le pas et enfin fait l’achat d’une maison, où nous nous sommes installés en février, découvrant ainsi les bons et mauvais côtés de la vie du propriétaire canadien (à Paris nous avions un condo neuf : ça n’a rien à voir avec une maison âgée de 30 ans dans un endroit où il fait -15°C l’hiver et 30°C en été). Nous nous sentons bien dans notre nouveau chez nous, et les enfants aussi apparemment.

2008, l’année de la famille

En 2001, notre départ pour le Canada nous a séparé de nos amis et familles… avec le choc culinaire, c’est la chose la plus difficile à vivre dans l’expérience de l’expatriation[1].

Depuis, les visites dans un sens comme dans l’autre ont été peu nombreuses, et nous avons tenu le coup principalement grâce aux progrès récents de l’informatique et des télécommunications. Mais rien ne remplace la chair et le sang.

  • Nous avons ainsi eu la chance cette année de rendre visite à MT en Thailande (merci pour les billets d’avion), et il a pu nous présenter Mui et sa famille. Ça a été un voyage intéressant pour les enfants également qui ont pu se baigner dans l’une de leurs cultures d’origine (nous sommes allés en pays Isaan, où les us et coutumes du peuple Lao sont toujours en vigueur).
  • Pendant notre séjour au Siam, Aunt Lucie qui était en vacances au Viet Nam en a profité pour faire un saut à Koh Samed puis à Bangkok, afin de nous revoir et de rencontrer Mui, Maxime et Manola pour la première fois.
  • Ensuite pendant l’été c’est la France qui est venue à nous, en les personnes de Papi, Mamie, et Bao Phet. Nous avons ainsi vécu à 7 (et même 8) à la maison pendant plus de 3 mois et c’était très agréable. C’est là qu’on apprécie de vivre dans une maison car à aucun moment nous n’avons eu l’occasion de nous marcher sur les pieds…
  • Et enfin pour les fêtes de fin d’année nous sommes allés au Texas rendre visite à Vanh, Joy et Tiffany. Manola et sa cousine sont restées pendant 10 jours comme cul et chemise, et Maxime a bien profité de son séjour également. Ça nous a fait beaucoup de bien de passer Noël et le jour de l’an en famille.
  • En parlant de famille, nous avons également profité de notre présence au Texas pour reprendre contact avec… papa. Ça devait faire 20 ans que nous ne nous étions pratiquement rien dit. Je l’avais revu brièvement à Seattle lors des obsèques d’Uncle Bob l’année dernière. Je l’ai donc contacté en lui disant que nous étions à Dallas ; ce fut l’occasion pour lui de venir de Houston faire la connaissance de ses petits-enfants. Maxime et Manola ont pour la première fois rencontré leur grand-père paternel.

Au niveau famille, beaucoup de choses ses sont passées en 2008. De plus MT et Mui se sont mariés et ont appris qu’ils allaient avoir un bébé. Si c’est pas une année riche en événements familiaux ça !

J’ai passé une très bonne année 2008. Au niveau boulot aussi les choses se passent bien : j’aime toujours autant ce que je fais, et notre secteur d’activité ne semble pas affecté par la crise économique que traverse actuellement la planète. Ça a du bon de gagner sa vie en jouant avec des logiciels libres.

La quête du Saint Graal

Pour 2009 je pense que nous allons continuer sur notre lancée et travailler à consolider notre situation actuelle : pour la première fois nos enfants connaissent un environnement stable, sans bouleversements du côté école ou logement. Il est très important à mes yeux qu’ils se sentent à l’aise et puissent ainsi bien travailler à l’école, sans pour autant oublier d’être des enfants.

Je vais donc travailler à faire en sorte que 2009 nous rapproche un peu plus de mon idéal du bonheur : une vie de famille comblée dans un relatif confort matériel. Je ne cours pas après la réussite sociale ou professionnelle à tout prix, et je ne crois pas que l’argent fasse le bonheur : il y contribue mais il est pour moi un moyen, pas une fin. D’ailleurs je plains ceux qui ne vivent que pour l’argent : leur obsession les conduit souvent à leur perte - j’y ai perdu mon enfance [2] - et je ne veux pas reproduire les erreurs de mes prédécesseurs.

Sur ce, je vous souhaite une excellente année 2009 : qu’elle vous apporte joie, bonheur et santé et qu’elle soit aussi bonne pour vous que 2008 l’a été pour moi !

Beaux nénés à tous !!!

Notes

[1] J’utilise le terme d’expatriation dans le sens d’émigration — nous ne sommes pas des expats de luxe envoyés par notre employeur à l’autre bout du monde : nous avons quitté nos emplois et avons pris nos valises sans garantie de trouver quoi que ce soit à destination.

[2] Je n’en veux à personne. Les choses sont ce qu’elles sont et je comprends - du moins en partie - les raisons et les circonstances.