Jeudi 23 février 2006, 23h45, quelque part en région parisienne.

Le téléphone sonne, c’est la voix de MT : « Ça y est, c’est fini. »

Je prends le volant, les yeux embués, et file à travers champs au milieu des flocons de neige. Arrivé dans la chambre, c’est le silence : les moniteurs ont été débranchés.

Elle est là.

Je m’approche, l’embrasse sur le front et lui murmure un dernier « au revoir » à l’oreille.


Selon la tradition vietnamienne le premier enfant porte le deuil pendant trois ans.

Je suis né et ai grandi en France, et nous n’avons jamais vécu selon les coutumes ancestrales ; la seule chose que nous ayions vraiment célébré de manière régulière est le Tết Nguyên Đán, le nouvel an lunaire.

Ce n’est que lors des événements décisifs de la vie que ressurgissent les rites et traditions : naissance, mariage, décès… C’est ainsi qu’aujourd’hui se termine ma période de deuil.

Malgré tout elle me manque toujours, et j’ai encore parfois l’estomac qui se noue et ce sentiment de vide m’envahit à la pensée que plus jamais je ne la reverrai.