J’avais de la marge : je me suis présenté au comptoir 63 minutes avant l’heure du vol...
Et une fois à la porte d’embarquement je me suis aperçu que j’avais oublié mon Blackberry dans la voiture.
Argh ! Zut ! Damned ! Flûte ! Palsambleu ! Cornegidouille !
Plus de téléphone, plus d’email, plus de MSN, plus de GPS, plus de carnet d’adresses, plus de notes diverses... plus rien.
Je me suis senti comme lorsque mon fidèle Palm Vx a rendu l’âme, transi de froid à Montréal, 7 ans auparavant : tout nu. C’est un sentiment étrange, comme si j’avais soudain subi l’ablation d’une partie importante de mon encéphale, comme si j’avais oublié dans ma voiture une partie de moi-même, un outil indispensable à la survie dans cette contrée inconnue et hostile dans laquelle j’allais atterrir 3h30 plus tard. Mon gri-gri, mon doudou, mon objet magique dont le seul fait de le sentir à la ceinture m’apporte le réconfort.
Mêlé à cet étrange sentiment de vide un éclair de panique fait aussitôt place à un grand désarroi.
Premier réflexe : je regarde autour de moi pour repérer les téléphones publics : ils fonctionnent à pièces et coûtent 50¢ l’appel local. La dernière fois que j’en ai utilisé un c’était 25¢, je me demande quand est-ce que ça a augmenté. Et je n’ai jamais de pièces sur moi ! Je n’utilise d’ordinaire que mon porte-monnaie de plastique : ma carte de débit... Foutu, je suis foutu. Je ne peux plus recevoir d’appel, et je ne peux même pas en passer.
Deuxième réflexe : je dégaine mon fidèle EeePC, pour m’apercevoir que la connexion sans-fil à l’aéroport Pearson est payante ! Je ne vais tout de même pas payer pour les 30 minutes qu’il me reste à la porte d’embarquement !!! Mais du coup je n’ai pas d’email, pas de MSN, pas de Skype, et pas d’accès à mes documents en ligne. Et en plus j’avais soigneusement noté les coordonnées de V. dans mon Blackberry, pour la contacter dès mon arrivée à l’aéroport de DFW afin d’organiser la soirée.
J’ai pris sur moi en me disant qu’on arrivait bien à vivre avant sans tous ces gadgets électroniques, et que ça n’empêchait pas le monde de tourner. Mais en fait ça ne m’a ni rassuré ni calmé.
Enfin bon, j’ai pas le choix hein ?
Heureusement j’ai le PC et j’ai bien pris soin de réserver une chambre d’hôtel qui comprend l’accès haute-vitesse, parce que faut quand même pas pousser, je veux bien voyager, mais j’ai besoin de mon accès au net.
Et puis j’ai vérifié, les locaux où je passerai les prochains jours sont équipé d’accès gratuit sans-fil, je vais pouvoir guetter l’arrivée des e-mails.
Je crois que j’ai développé un genre de dépendance. Je pense qu’il faut commencer le sevrage.
Je commence demain. Enfin si j’ai le temps. Parce que c’est vrai quoi, j’arrête quand je veux.